Assemblée nationale : la majorité Pastef face aux exigences de la rigueur

La 15e législature pourrait-elle constituer un épisode singulier de l’histoire parlementaire du Sénégal ? La question se pose au regard de la succession de textes mal préparés portés par la majorité issue de Pastef.

La proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie, celle portant révision de la Constitution et celle visant à encadrer les fonds politiques, toutes signées par des députés de Pastef, ont été rejetées par le Conseil constitutionnel. Ces décisions révèlent de sérieuses insuffisances juridiques et constitutionnelles.

La répétition de ces revers ne relève plus du simple contretemps technique. Elle traduit un manque de rigueur dans l’élaboration des textes et une méconnaissance des exigences du travail parlementaire. Une majorité doit produire des lois solides, cohérentes et conformes à la Constitution, non se contenter d’afficher des intentions politiques ou de déposer des textes à la hâte.

En confondant vitesse et précipitation, elle donne le sentiment de soumettre ses projets au contrôle constitutionnel pour vérifier après coup leur conformité. Cette méthode est difficilement compatible avec les responsabilités d’une majorité parlementaire.

L’histoire retiendra peut-être une législature davantage marquée par la confrontation avec l’exécutif que par la défense de l’intérêt général, et par une discipline partisane prenant le pas sur la qualité du travail législatif.

En politique comme en cuisine, vérifier la recette avant de servir demeure une précaution utile, surtout lorsqu’elle s’adresse à toute la nation.

Ibrahima Thiam, Président du parti ACT

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