Sonko–Diomaye : assez ! Le Sénégal n'est pas le champ de bataille de vos ambitions
Il est temps de le dire sans détour : la guerre d'ego que mène Ousmane Sonko au sommet de l'État est une faute envers le Sénégal. Pendant que le pays croule sous une dette record, le président de l'Assemblée nationale choisit le bras de fer.
Ousmane Sonko fait de l'Assemblée une arme contre le chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye. Il peut contester, contrôler, s'opposer, c'est la démocratie. Mais bloquer, user et paralyser ne sert pas le peuple. Si son but est d'affaiblir le président, qu'il ait au moins le courage d'en assumer le coût pour tout le pays.
Chaque querelle au sommet, c'est un Sénégalais qui paie.
Les marchés ne se laissent pas impressionner par les postures. Ils regardent la cohérence de l'État, sa capacité à réformer et sa stabilité. Quand le pouvoir s'entredéchire, ils réclament une prime de risque, et les prochains emprunts coûtent plus cher. Cet argent ne finance alors plus les écoles, les hôpitaux et les routes, mais le prix de vos rivalités.
Le coût de la dette dépend aussi de notre situation budgétaire et des marchés mondiaux. Mais dans un pays déjà sous tension, ajouter de l'instabilité politique est irresponsable.
On ne dirige pas un pays comme on règle un compte personnel. Un dirigeant digne de ce nom sait distinguer ses ambitions de ses devoirs. Celui qui l'oublie trahit la confiance du peuple, quelle que soit sa popularité.
Le Sénégal a besoin de stabilité, de cohérence et d'une vision claire, pas de rivalités de palais qui entretiennent l'incertitude.
Si cette confrontation alourdit la dette, les querelleurs ne paieront pas la facture. Ce seront les finances publiques et, au bout du compte, les citoyens.
L'intérêt supérieur du Sénégal passe avant tout calcul. La politique est une responsabilité envers le peuple, pas un jeu où l'on sacrifie le pays pour terrasser un adversaire. Il est temps que chacun en tire les conséquences.
Ibrahima Thiam, Président du parti ACT